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À chaque épisode, des étudiants en école d’ingénieurs et en histoire des techniques vous invitent à redécouvrir le monde à travers le prisme de la technique. Assimilée et trop souvent oubliée, la technique est à la fois savoir-faire et outil : un ensemble de procédés informels et leur sédimentation instrumentale dans des objets créés par l’être humain. Dans ce podcast, nous allons la chercher là où elle se cache, tout près de nous. Et on vous prévient, ça va être technique.


Ce podcast présente des travaux d'étudiants du cursus Humanités & technologie de l'Université de technologie de Compiègne.
Il a été conçu par Marine Bouzat, Benjamin Jammes, Noam Seuret et Gaëlle Stoltz.
Les épisodes sont réalisés avec les moyens et le soutien de la radio Graf'hit. Retrouvez-nous également sur les principales plateformes.

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Prochainement

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Le solutionnisme technologique : le chant d'un monde qui ne veut pas changer

Captation carbone, géo-ingénierie, méga-bassines, véhicules électriques, robots pollinisateurs, compléments alimentaires et même Nutriscore : leur point commun est de prétendre corriger technologiquement les graves problèmes engendrés par nos modes de vie, de production et de consommation. Face aux limites planétaires, cette fuite en avant n'est pas l'apanage de quelques développements isolés, elle relève au contraire d'une attitude civilisationnelle généralisée. Elle traduit le fantasme d'un monde qui ne veut pas changer, et qui cherche à corriger les effets sans revoir les causes.

Peut-on identifier plus précisément la mécanique qui sous-tend cette attitude, afin de se rendre capable de mieux la déceler et la dénoncer lorsqu'elle se présente à nous, que nous soyons décideurs, chercheurs, concepteurs ou citoyens ?

C’est ce sur quoi a travaillé un groupe d’étudiant.es du cursus Humanités & technologie de l’UTC.
Retrouvez dans cet épisode une discussion autour du technosolutionnisme ou solutionnisme technologique : définition, enjeux, alternatives.
Invitées : Iris Grisez & Louise Robaux, pour le projet sur le technosolutionnisme réalisé en 2025 dans le cadre de l'enseignement HT05 (Théories technologiques appliquées) sous la direction de N. Salzmann.
Interview : Élisa Van Hees
Montage : Louise Robaux
Sources
La source principale est le projet réalisé en HT05 à l'automne 2025. L'équipe projet était constituée de Célestine Droy, Iris Grisez, Éléonore Nkake-Chakomi, Yan-Salaun Riou, Louise Robaux & Amélie Vènes.
Le travail complet (observatoire du solutionnisme) sera publié prochainement.
  • Ouvrages
    • MOROZOV Evgeny. Pour tout résoudre, cliquez ici : l'aberration du solutionnisme technologique. Limoges : Fyp éditions, 2014.
    • SEURET Noam & SOLTZ Gaëlle, Le Nutri-Score : adapter au lieu de transformer : Histoire critique d'un dispositif nutritionnel. mémoire de recherche de deux étudiants d'Hutech en histoire des techniques à l'UTC (sous la direction de Guillaume Carnino).
  • Article

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Le vêtement contre-culturel : résister à la standardisation, lutter par sa consommation

Si Che Guevara fait partie des plus grandes figures révolutionnaires et anticapitalistes de l’histoire, sa mémoire est chaque jour bafouée. Alors qu’il s’opposait au libre marché et aux prémices de ce qu’allait devenir la société consumériste, la recherche "t shirt Che Guevara" offre plus de 2,5 millions de résultats dans google. Le symbole révolutionnaire est réapproprié en objet marchand au service du développement du capital.

À l’origine messager de souffrances de classe pour certains, ou de nouvel idéal de société pour d’autres, le vêtement contre-culturel semble avoir été lavé de ses revendications pour n’en garder que son attractivité en tant que produit. Si certains crient au détournement pervers, d’autres pointent du doigt les failles intrinsèques d’une sous-culture participant à sa propre récupération. À la fois critique d’une société qui ne convient pas à son propriétaire et porte-parole de valeurs et de cultures nouvelles, on peut se demander si le vêtement contre-culturel pourra, un jour, réellement transgresser les normes et les modes d’individuation contemporains. Dans quelle mesure l’a-t-il fait et peut-il encore le faire aujourd’hui ?
Invitée : Héloïse Bouysset, pour son mémoire Le vêtement contre-culturel, l'aporie d'une révolte (2022)
Interview & montage : Martin Pelissier
Sources citées dans le podcast
Héloïse Bouysset, Le vêtement contre-culturel, l'aporie d'une révolte, mémoire réalisé en 2022 dans le cadre de l'enseignement Humanité et technologie : les temps de la technique (HT02) sous la direction de Guillaume Carnino.
  • Ouvrages
    • Simondon, G. (2005). L'individuation à la lumière des notions de forme et d'information. Éditions Jérôme Millon.
    • Leroi-Gourhan, A. (1943). L'homme et la matière: évolution et techniques. Albin Michel.
    • Potter, A. & Heath, J. (2020). Révolte Consommée, le mythe de la contre-culture. L'Échappée.
    • Hebdige, D. (2008). Sous-culture: le sens du style. Paris: Zones.
    • Frank, T. (1997). The conquest of cool: Business culture, counterculture, and the rise of hip consumerism. University of Chicago Press.
    • Laurent, A. (1993). Histoire de l'individualisme. FeniXX.
  • Article
    • Delaporte, Y. (1981). Pour une anthropologie du vêtement. Vêtement et sociétés, Actes des Journées de rencontre des 2 et 3 mars 1979

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Le recyclage : la bonne conscience du consumérisme

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les matières résiduelles étaient remises en circulation. Un processus vient déstabiliser cet arrangement : l’invention des déchets. Le déchet advient d’abord comme une forme de nettoyage : les objets, difficilement valorisables, ne valent pas la peine d’être reconditionnés et sont donc jetés. Le déchet, par sa nature, n’a plus de valeur, plus de sens, on ne le donne plus, on s’en débarrasse. Les systèmes de collecte des déchets, d’incinération et d’enfouissement se développent et facilitent l’invisibilisation de cette matière qui se multiplie. [afficher]
  1. Pourtant, cette invisibilisation ne dure pas et, rapidement, il faut trouver de nouveaux moyens de traiter les déchets. Le recyclage voudrait atteindre ce qu’on ne peut justement plus faire : revaloriser des déchets que nous-mêmes avons rendus insensés. Ce procédé ambitieux devient alors le symbole trompeur d’un consumérisme soutenable. La promesse d’une « seconde vie » légitime la brièveté de la première ; pourtant, la promesse est rarement tenue. Le recyclage apparaît alors comme contre-productif en permettant la production en toute tranquillité d’esprit d’un grand nombre de déchets, alors que c’est justement ce qu’il essaye de résoudre.

Invité•e•s : Maxime Latour & Poline Ravel, pour leur mémoire intitulé Le recyclage - ou le mythe d'un capitalisme écologique (2023)
Interview & montage : Élisa Van Hees
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Mémoire présenté : Maxime Latour & Poline Ravel, Le recyclage - ou le mythe d'un capitalisme écologique, réalisé en 2023 dans le cadre de l'enseignement Théories technologiques et histoire des savoirs techniques (HT04) sous la direction de Guillaume Carnino.
  • Ouvrages
    • Douglas, Mary. De la souillure : essai sur les notions de pollution et de tabou, Paris : La Découverte, 2005 [1967].
    • Monsaingeon, Baptiste. Homo detritus, Paris : Seuil (coll. Points), 2017.
  • Article
    • Comby, Jean-Baptiste. « L’individualisation des problèmes collectifs : une dépolitisation politiquement située ». Savoir/Agir, vol. 28, n°2, 2014, p. 45-50.
  • Radio
    • France Inter. « Pour une révolution politique, poétique et philosophique avec l'astrophysicien Aurélien Barrau », 09/05/2022. Consulter en ligne.
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Asseoir son pouvoir : histoire de la symbolique de la chaise

Un objet que l’on voit partout mais que l’on ne regarde pas : la chaise. Aujourd’hui omniprésente, standardisée et interchangeable, elle paraît tellement humble qu’on peut même se demander si on peut vraiment en faire l’histoire. Pourtant, la chaise possède une puissance évocatrice prégnante, héritée de siècles d’Histoire.
Invitée : Marine Bouzat, pour son mémoire intitulé Asseoir son pouvoir - histoire de la symbolique de la chaise (2021)
Interview & montage : Gaëlle Stoltz
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Mémoire présenté : Marine Bouzat, Asseoir son pouvoir - histoire de la symbolique de la chaise, réalisé en 2021 dans le cadre de l'enseignement Culture et histoire des techniques (HT01) sous la direction de Guillaume Carnino.
  • Vuillème, Jean-Bernard. Les assis : regard sur le monde des chaises. Éditions Zoé, Carouge-Genève, 1997.
  • Illich, Ivan. La convivialité. Paris : Le Seuil, 1973.
  • Mauss, Marcel. Les techniques du corps. Éditions Payot, 2021.
  • Leroi-Gourhan, André. Le Geste et la parole. Éditions Albin Michel, 1964.

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Monument & patrimoine

Monument ou patrimoine ? Telle est la question. De ses formes les plus anciennes aux constructions futuristes, le bâti est un géant technique invisible, dont le sens a pourtant été bouleversé. La patrimonialisation accélérée de nos édifices pose la question même de son utilité, nous poussant au passage à constater le réel changement dans notre rapport au temps et à l’espace.
Invitées : Léa Lachat et Jade Putot, pour leur mémoire intitulé Patrimoine, temps et espace (2021)
Interview & montage : Benjamin Jammes
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Mémoire présenté : Léa Lachat et Jade Putot, Patrimoine, temps et espace, réalisé en 2021 dans le cadre de l'enseignement Théories technologiques et histoire des savoirs techniques (HT04) sous la direction de Guillaume Carnino.
  • Ouvrages
    • Choay, Françoise. L’allégorie du patrimoine. Paris : Seuil, 2007.
    • Choay, Françoise. Le patrimoine en questions. Paris : Seuil, 2009.
    • Debray, Régis. Cours de médiologie générale, Paris : Gallimard, 1991, Extrait de la septième leçon.
    • Debray, Régis (dir.). L’abus monumental ?. Paris : Fayard, 1999.
    • Debray, Régis. « Trace, forme ou message ? ». Paris : Gallimard, Les cahiers de médiologie, n° 7, 1999, pp. 27-44.
  • Articles
    • Rosa, Hartmut et Chapoutot, Johann. « Mouvement historique et histoire suspendue. ». In : Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 117, 2013, pp. 89-104.

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La signature en peinture

Petite marque apposée, discrètement ou non, au coin des tableaux, la signature est l'objet de la fascination des collectionneurs et autres amateurs du monde de l'art. Et pourtant, signer une toile ne relève pas de l'évidence : nombreuses sont celles qui demeurent toujours anonymes. Signer son art ne serait donc pas une pratique si commune : aujourd'hui, petit retour historique sur la signature en peinture.
Invitée : Laure Barbier, pour son mémoire intitulé La signature en peinture - du maître d'œuvre à l'œuvre du maître (2023)
Interview & montage : Alice Doreau
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Mémoire présenté : Laure Barbier, La signature en peinture - du maître d'œuvre à l'œuvre du maître, réalisé en 2023 dans le cadre de l'enseignement Culture et histoire des techniques (HT01) sous la direction de Guillaume Carnino.
  • Ouvrages
    • Guichard Charlotte, La griffe du peintre : la valeur de l'art, (1730-1820), Paris Seuil, 2018
    • Heinich Nathalie, Du peintre à l'artiste : artisans et académiciens à l'âge classique, Paris, Minuit, 1993
  • Articles
    • Lorentz Philippe, Les "Maîtres" anonymes : des noms provisoires faits pour durer ?, Perspective, 2007
    • Rademacker Sophie, Signature et marché de l'art : de l'usage maladroit de la signature d'artiste dans les études économiques, Koregos, 2018